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L'origine du lieu :
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Saint-Denis est le premier évêque de Lutèce et considéré
comme le premier évangélisateur de Gaule : venu d'Italie
vers 250 en compagnie de 6 autres missionnaires pour apporter la
foi chrétienne en Gaule, lévêque Denis sera martyrisé et décapité
à Montmartre.
Selon la tradition rapportée au VIème siècle par Grégoire
de Tours, il aurait marché la tête sous le bras jusquau
village de Catolacus, le long d'une voie romaine reliant Lutèce
à Beauvais, où il se serait effondré et où il sera enterré.
Lorsque les persécutions cessent au IVème siècle, une modeste chapelle
de 20m sur 10m est élevée à cet endroit et Sainte
Geneviève y fait construire en 475 une petite église pour fonder
un lieu de culte.
Photo JFM : Tombe de saint Denis
située dans la crypte de la basilique :
cet emplacement est situé juste au-dessous du maître-autel,
et symbolise le centre de tous les édifices construits jusquau
XIIIe siècle
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Les évolutions du site :
La chapelle initiale sera l'objet de beaucoup d'évolutions :
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durant la dynastie mérovingienne
: Dagobert agrandira le bâtiment et y fondera une abbaye
en 625, avant de s'y faire enterrer.
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durant la dynastie capétienne
: Pépin de Bref fera agrandir l'église par l'abbé
Fulrad : elle mesurera alors 63m par 23m. Son fils Charlemagne disait
qu'il ne contrôlait le royaume de France qu'avec l'aide de Dieu
et aussi grâce à la protection de Saint Denis,
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durant la dynastie capétienne
: Suger :
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préservera la nef carolingienne mais refera
vers 1122 la façade selon une structure anglo-normande
semi-fortifiée et le coeur de l'église.
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sera à l'origine vers 1137 de la façade
occidentale qui initialisera en France le style gothique.
La basilique de Saint Denis (108m sur 39m) deviendra ainsi la nécropole
des rois de France et la 1ère église gothique en France.

Photo JFM : Les murs n'ont plus à être porteurs et peuvent
s'amincir et s'allonger grâce aux arcs-boutants à l'extérieur
du bâtiment : la nef peut alors être un véritable hymne
à la lumière, qui semble tomber de très haut pour
éclairer les masques funéraires des souverains dautrefois.
La dimension symbolique et la nécropole
royale :
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La basilique de Saint Denis sera le lieu de conservation des Regalia,
objets utilisés durant les sacres qui se déroulent
à la Cathédrale de Reims : couronne, sceptre, main
de justice et épée.
Elle abritait également l'oriflamme,
bannière qui flottait aux côtés du roi durant
les combats : elle était remise au capitaine en charge de
la campagne militaire à l'occasion d'une messe solennelle.
La basilique accueillera également les funérailles
des rois pendant près de mille ans.
A partir de 1260, Saint Louis fera réaliser le gisant sculpté
de tous ses prédécesseurs : les visages de Dagobert,
Charles Martel, Pépin le Bref sont donc purement symboliques
! On peut déambuler aujourd'hui dans la basilique autour
des gisants (ces statues ne sont plus au dessus de leur tombeau).
On notera que les plis de leurs vêtements sont ceux qu'ils
devraient avoir si la statue était à la verticale.
Au total, 42 rois, 32 reines, 63 princes et princesses et 10 grands
du royaume ont été enterrés dans la basilique.
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Photo JFM : Gisant de Clovis II et de Charles Martel
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Photo JFM : L'oriflamme
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Le pillage de la révolution :
| La basilique sera pillée durant la Révolution, les
tombeaux des rois seront ouverts et tous les ossements seront jetés
dans une fosse commune ou brûlés à la chaux vive.
Napoléon les fera récupérer (ou du moins une
partie) en 1802 et les fait inhumer dans la crypte de la basilique
: on voit ici l'entrée de cette crypte. |
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Vues de la basilique

Photo JFM : Édifiée sous la direction de labbé
Suger au début du XIIe siècle, cette façade
préfigure celles des grandes cathédrales gothiques.
On y voit pour la première fois une rose et trois portails
de grandes dimensions
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Photo JFM : Il s'agit de la 1ère construction qui dispose
d'une rose sur la façade au-dessus du portail central
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L'abbé Suger pendant la construction
de la basilique Saint Denis

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